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(8 janvier 2013) - Après cinq années de crise économique et le retour de la récession en 2012, le chômage atteint des sommets qu’il n’avait plus connus depuis près de vingt ans, le revenu des ménages est en baisse et le risque de pauvreté ou d’exclusion augmente, en particulier dans les États membres du sud et de l’est de l’Europe.

Tel est le bilan du rapport de 2012 sur l’évolution de l’emploi et de la situation sociale en Europe. L’incidence de la crise sur la situation sociale se fait désormais ressentir davantage, dans la mesure où les effets protecteurs de la diminution des recettes fiscales et de l’augmentation des dépenses de protection sociale (les fameux «stabilisateurs automatiques») s’estompent. Une nouvelle fracture apparaît entre les pays qui semblent piégés dans une spirale baissière (chute de la production, hausse rapide du chômage et érosion du revenu disponible) et ceux qui résistent plus ou moins bien. Ces derniers ont, en général, des marchés du travail plus efficaces et des systèmes de protection sociale plus solides.

Le taux de chômage moyen de l’Union européenne atteint près de 11 %. Le rapport montre une nouvelle évolution des divergences, les plus criantes se situant entre le nord et le sud de la zone euro. L’écart entre ces deux régions était de 3,5 points en 2000; retombé à zéro en 2007, il s’est ensuite rapidement creusé pour s’établir à 7,5 points en 2011. Même si elles vont croissant, les divergences en dehors de la zone euro sont, elles, beaucoup plus réduites.

Le risque de connaître la pauvreté et la possibilité d’échapper à celle-ci varient considérablement d’un État membre à l’autre. Entre 2009 et 2011, le revenu disponible brut des ménages a baissé dans deux tiers des pays de l’Union pour lesquels des données existent; les baisses les plus importantes ont été enregistrées en Grèce (17%), en Espagne (8%), à Chypre (7%), en Estonie (5%) et en Irlande (5%). Cette évolution contraste fortement avec la situation observée dans les pays nordiques, en Allemagne, en Pologne et en France, où le système de protection sociale et un marché de l’emploi plus robuste ont permis aux revenus globaux de continuer à augmenter malgré la crise. Toutefois, face à la persistance de la récession, le risque d’exclusion durable augmente partout.

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